19/11/2018

Un millésime 2018, prometteur !

Après un hiver et un printemps extrêmement pluvieux, à la fin du mois de juin, on enregistrait, en fonction des situations, plus d’une année de pluie normale. Puis, la période de floraison s’est à peu près bien passée sur l’ensemble du vignoble. C’est donc ce cumul de pluie qui a donné des cauchemars aux vignerons qu’ils soient en agriculture conventionnelle ou en bio (bien sûr encore plus difficile).

La virulence du mildiou sur les pluies de fin mai puis du 14 juillet n’a été de mémoire de vigneron, jamais égalée. À partir de mi-juillet des conditions anticycloniques s’installent à Bordeaux et ne nous quitteront plus à l’exception de quelques averses bénéfiques jusqu’à la fin des vendanges. 

C’est donc une année climatique contrastée entre pluies d’hiver et sécheresse d’été, qui va être le décor de ce millésime 2018.

Les températures importantes de l’été (mais pas caniculaires comme en 2003) seront tempérées par des nuits relativement fraîches et des réserves en eau remarquables.
Les sols calcaires, argileux, ou argilo-calcaires auront une capacité de redistribution de l’eau nécessaire à la plante pendant toute la période estivale.

Dès la fin du mois d’août, les premiers sauvignons blancs ont pu être récoltés suivis des sémillons deux semaines plus tard. Le millésime 2018 sera un très beau millésime en blanc à Bordeaux à la fois sur le plan qualitatif et quantitatif. Les équilibres sucres acidité sont très bons et le fruit a été préservé par les nuits fraîches du mois d’août.

Pour les rouges, les premiers merlots ont été ramassés vers la mi-septembre et les derniers cabernets à la mi-octobre, en fonction des sols et des conditions climatologiques.

À l’exception des zones touchées par la grêle et pour certains par le mildiou, le millésime est assez abondant, et de très belle qualité.

Les peaux épaisses ont donné des tanins mûrs, charnus et abondants. Les équilibres entre sucre et acidité sont remarquables. Si les quantités de sucre sont importantes, elles sont cependant parfaitement contrebalancées par des pH soulignant la fraîcheur et une structure tanique arrondie mais présente.

Fait tout à fait exceptionnel, les pépins étaient d’un brun foncé montrant une maturité qui avait commencé dès le mois de juillet. Ils apporteront des tanins stables, polymérisés, donc plus soyeux avec un caractère un peu noisette.

La couleur est très soutenue, les équilibres qui font les grands millésimes, sont excellents. Les premières fermentations malolactiques s’achèvent sur des notes très optimistes quant à la naissance d’un nouveau très grand millésime à Bordeaux. D’une rive à l’autre, les qualités sont au rendez-vous avec une petite prime aux sols argileux et argilo-calcaires.

Hubert de Boüard, Philippe Nunès, Maxime Tach et Bryan Dessaint