17/10/2022

2022, MILLESIME EXCEPTIONNEL

2022, MILLÉSIME EXCEPTIONNEL   

« Je n’ai pas de repères pour comparer ce millésime à l’un des quarante derniers millésimes que j’ai pu vinifier » 

 

Tout commence par un hiver doux et sec entraînant un débourrement précoce. Quelques gelées printanières bien maîtrisées viennent inquiéter les vignerons puis, rassurés, car peu de dégâts finalement, ils vivent un printemps doux et humide sans pression parasitaire. La floraison très favorable se passe dans des conditions sèches et chaudes et de façon très rapide.  La vigne en pleine forme voit alors ses raisins noués avec une perspective de très belle récolte.  Grâce à une réserve importante en eau de l’année 2021, la vigne, plante méditerranéenne démontre une très forte résistance durant l’été chaud et très sec.  Quand les couverts végétaux ont été bien maîtrisés, la vigne effectue sa véraison de façon très homogène. La réflexion menée ces dernières décades sur la vie des sols, les enracinements, plus importants et plus profonds, démontre bien une résistance de la vigne qui reste encore verte et fonctionnelle jusqu’à ce milieu d’octobre où nous écrivons ces lignes.  Deux orages dans le courant du mois d’août permettent aux raisins de terminer leur maturation. Les premières vendanges de blanc ont lieu à partir du 20 août. De petites quantités, ces jus sont riches, équilibrés et lorsque les vendanges ont lieu au bon moment, dotés d’une belle acidité.  Les premiers jours du mois de septembre voient les premières récoltes de Merlot. En fonction des sols et des situations, les derniers Merlots sont ramassés jusque dans les derniers jours de septembre. Les premiers Cabernets sont ramassés à la mi-septembre et la fin des vendanges programmée dans la première décade d’octobre.  On ne peut pas dire cette année qu’un cépage est supérieur à l’autre, tant les qualités sont belles. Même dans les conditions les plus difficiles, les jus sont bons, colorés, fruités, le plus souvent exceptionnels. La couleur, la suavité, l’onctuosité, la fraîcheur sont les marqueurs clés de ce millésime.  Dans quelques cas, aucun repère dans ma mémoire de vigneron. Les vins sont juste exceptionnels, présentant des équilibres que je n’ai jamais goûté et notamment un Ph permettant d’imaginer à ces vins une très longue vie.  Comme le disait le grand professeur Emile Peynaud, « grand dès leur naissance et grand jusqu’à leur fin ».  Même si l’on peut souligner une récolte bordelaise de faible quantité, les vinifications qui se terminent doucement et les dégustations que nous effectuons, chacun des oenologues de notre équipe, vient confirmer le côté unique de ce millésime, tant sur la rive gauche que sur la rive droite. Les réussites sont éclatantes et nous permettent dans une période compliquée, d’afficher un sourire et une belle satisfaction.   

Hubert de Boüard